Orthodox Leper Brother Knights of Bethany
La Fraternité des Chevaliers-Lépreux de Béthanie, plus tard connue sous le nom de Lazaristes, fut un ordre monastique, hospitalier et militaire fondé bien avant la prise de Jérusalem par les premiers croisés, et très vraisemblablement le plus ancien ordre de cette nature en Terre sainte. En ces temps reculés, de nobles chevaliers, exclusivement des hommes, issus des trois grandes traditions monothéistes alors présentes à Jérusalem - juifs, musulmans et chrétiens orthodoxes de rite grec, arménien, géorgien ou abyssin - servaient une cause authentiquement noble, sans tomber dans le piège d’un œcuménisme de compromis où chacun, au prix d’une trêve apparente, devrait renoncer à quelque élément essentiel de sa propre foi. Tous étaient éprouvés de la même manière par la fragilité humaine et s’employaient, selon les lumières de leur temps, à soigner les voyageurs vulnérables, les malades et les personnes atteintes de lèpre.
Par la suite, au cours des années 1130, la Fraternité se constitua en ordre hospitalier, et la première mention de sa nouvelle activité militaire remonte à 1234. Elle fut reconnue par le roi Foulques en 1142, puis canoniquement érigée en ordre hospitalier et militaire de chevalerie sous la règle de saint Augustin par la bulle pontificale Cum a Nobis Petitur du pape Alexandre IV en 1255. Bien que son charisme fût centré sur le soin aux lépreux, les chevaliers lazarites prirent également part à plusieurs engagements notables, notamment au siège d’Acre en 1191, à Arsouf, à la bataille de Jaffa en 1192, à la bataille de La Forbie en 1244, ainsi qu’à la défense d’Acre en 1291. Le siège titulaire de l’ordre fut établi successivement à Jérusalem, puis à Acre.
Après la chute du royaume d’Acre, l’ordre se divisa en deux branches principales - l’une en Italie, l’autre en France - puis s’éteignit progressivement, avant de faire l’objet d’une tentative de restauration en 1910, sans toutefois être reconnu à ce jour par le pape. Les trois hôpitaux de Jérusalem, ceux de Sainte-Marie, de Saint-Jean et de Saint-Jean-Baptiste, continuèrent néanmoins d’être administrés et desservis par la même fraternité orthodoxe, d’abord sous l’autorité de Saladin, puis sous celle de ses successeurs, à travers le temps.
Les Chevaliers orthodoxes lépreux de Béthanie ne prétendent nullement constituer la survivance directe d’un « ordre » depuis longtemps disparu. Bien au contraire, ils se définissent comme une fraternité véritablement nouvelle, vivant et œuvrant selon les principes mêmes de la fraternité originelle. En République dominicaine, mais également ailleurs, partout où des chevaliers de cette fraternité - nobles compagnons consacrés au service des plus vulnérables et à la défense des valeurs intemporelles de compassion, de charité et de foi - ont prononcé le véritable vœu chevaleresque, lequel n’est reçu qu’après quatre années de service en qualité de cadet, cette vocation trouve à s’incarner.
Enracinée dans les traditions sacrées de l’Église orthodoxe des tout premiers siècles - non point divisée par les trois religions monothéistes, mais unie dans la reconnaissance de leur singularité et de leur valeur propre -, cette fraternité distinguée rattache sa lignée spirituelle à l’ancienne Fraternité de Béthanie, communauté renommée pour le soin désintéressé qu’elle prodiguait aux lépreux et aux marginalisés.
Établis comme un phare d’espérance et de service en Terre sainte, en Autriche, en France, au Royaume-Uni, en Amérique du Nord sous forme de grandes commanderies, ainsi qu’en République dominicaine, siège du Grand Maître, avec de nombreuses commanderies dans divers pays, les Chevaliers orthodoxes lépreux de Béthanie travaillent sans relâche à répondre aux urgences sociales les plus pressantes. Par un ensemble d’initiatives caritatives, d’actions spirituelles et de programmes humanitaires, la fraternité porte secours aux démunis, soigne les malades et soutient ceux qui se trouvent dans le besoin. Au cœur de sa mission réside un engagement profond à incarner les enseignements du christianisme primitif, avec une attention particulière portée à la guérison, à la réconciliation et à l’édification communautaire. La Fraternité agit au contact direct des communautés locales, en promouvant non seulement le bien-être matériel, mais également la croissance spirituelle et la préservation culturelle.
En honorant son héritage historique tout en répondant aux nécessités contemporaines, les Chevaliers orthodoxes lépreux de Béthanie entendent ériger un nouveau pilier de compassion et de dignité, propre à favoriser l’unité et la foi dans le monde.